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A l'affût de la bonne occase
"Enjeux Les
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C to C danger ou opportunité "Action
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Les marques doivent être chaleureuses
"Stratégies"
CtoC is good for you
"Journal du Management"
Consumer to Consumer : la
prochaine révolution
"Newzy"
Le consommateur est devenu un acteur
économique
"Marketing
Magazine"
"Les marques doivent
être
chaleureuses"
Article paru dans "Stratégies" n°1356 (10/2/2005) :
> Format original
en pdf

Interview
Franck Oudit est co-fondateur de
ConsumertoConsumer, une société d’études et de conseil en marketing
lancée il y a six mois. Il était auparavant planneur stratégique chez
Publicis Conseil.
Qu’est-ce que le «
consumer to consumer » ?
Franck Oudit. C’est une tendance qui
relève de la pratique personnelle de chacun. Consulter les petites
annonces, participer à des ventes aux enchères, faire le tour des
brocantes ou des vide-greniers, intervenir sur des forums de
discussions, c’est tout cela le « C to C ». Ce mode de consommation
privilégie l’achat d’occasion, le contact humain et la proximité
marchande. Ce n’est pas nouveau mais aujourd’hui il explose grâce aux
nouvelles technologies. Il y a par exemple plus de petites annonces en
ligne que sur papier.
Peut-on mesurer ce
phénomène ?
C’est très difficile. Par exemple,
il n’existe pas de statistiques pour les vide-greniers même si les
préfectures en ont peut-être. Mais le phénomène est bien là. Les 36 000
communes françaises en organisent au moins une tous les six mois. Alors
faites le calcul… Sur Internet, la réussite d’un site comme Ebay permet
en revanche de mesurer l’ampleur du phénomène.
Le « C to C »
répond à de nouveaux besoins ?
Outre le fait que les « Ebayers » ou les brocanteurs de tout poil peuvent en tirer des revenus
complémentaires, ce mode marchand permet tout simplement de rencontrer
des gens, de créer des réseaux entre passionnés. Cette dimension sociale
est intéressante. Elle va par exemple permettre à un rural de vendre ses
produits en saison, d’inviter les personnes rencontrées sur les marchés
à visiter sa ferme le reste de l’année et donc de se développer une vie
économique et sociale insoupçonnée… Que les relations interpersonnelles
soient davantage mercantiles que par le passé est accepté car
aujourd’hui il faut s’entraider. En même temps, les aspects «
communautaires » ou « collectifs » du « C to C » facilitent le
développement personnel, qui est au centre des préoccupations
contemporaines.
Quid des marques dans ce nouveau
contexte ?
Pour elles, la problématique
évolue fortement. La question devient : comment être chaleureux, direct
? Les marques ont commencé à accompagner ce mouvement en mettant en
place des services d’information, par téléphone ou sur Internet. Elles
ont créé des espaces de discussions qui sont autant de réceptacles
d’avis de consommateurs. Du même coup, elles redécouvrent le bouche à
oreille, la réputation… Des trucs vieux comme le monde mais qui avaient
tendance à être oubliés !
Avec quelles conséquences en
communication ?
Le « C to C » prend le relais des
canaux traditionnels qui ont perdu une partie de leur efficacité. Il y a
aujourd’hui un vrai doute sur la capacité de la publicité ou de la
promotion à susciter de l’amour et de l’émotion. Comparés à la
transparence relative de la relation « C to C », les canaux normés
peuvent sembler dissimulateurs ou empreints d’effets de style que les
consommateurs repèrent de mieux en mieux et peuvent parfois condamner.
C’est la riposte citoyenne à la toute puissance dominatrice des marques
qui faisait des consommateurs des réceptacles passifs de messages
parfois contestables. Pour renouer le dialogue, le « C to C » peut les
aider à comprendre comment se forge le degré de connaissance des
consommateurs et comment il peut être nourri.
Quelles sont alors
les marques d’avenir ?
Celles qui se présentent comme un
individu face au consommateur, c’est-à-dire uniques, que l’on attend,
que l’on scrute, que l’on désire mieux connaître. Nike a adopté ce
comportement en devenant l’ami qui cherche à vous épater, qui vous
informe personnellement de ce qu’« il » fait. A l’inverse, Adidas semble
être plutôt une marque institutionnelle, de l’ordre du « B to C », à la
limite du corporate. Une marque d’actionnaires, ça brise la magie... Ce
qui force l’admiration, c’est la force de caractère, comme pour une
personne. Une bonne marque n’est plus seulement une marque.
Alexandre Debouté
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